En une dizaine d'années d’existence, la Fondation Sécurité Routière aura œuvré sans relâche dans quasiment tous les domaines en relation avec la sécurité routière. Rappelons qu’il est classique d’aborder la sécurité sous les quatre angles ci-après.

  • la sécurité primaire, qui vise à prévenir ou éviter un dommage ;
  • la sécurité secondaire, qui vise à réduire les conséquences d’un dommage (la gravité des blessures) ;
  • la sécurité tertiaire, qui vise à apporter les soins les plus rapides et les plus performants aux victimes ;
  • certains parlent également de sécurité quaternaire, qui vise à diminuer les séquelles physiques et psychologiques suite à un dommage.

L’ampleur de la tâche accomplie durant cette décennie se mesurera plus facilement à l’aide des quelques chiffres qui suivent.

A travers ses quatre campagnes d’appels à projets, ce sont en effet pas moins de 104 projets de recherche qui ont fait l’objet d’une évaluation pour en retenir au final 34 dont 31 ont été menés à terme. Leur coût total s’est élevé à 14,8 millions d’euros dont 5,7 apportés par la Fondation.

A chaque édition, 30 à 60 experts ont été identifiés et sollicités pour les évaluations. Leur origine géographique s’est élargie au fil du temps (Brésil, Canada, Etats-Unis, et en Europe, Allemagne, Belgique, Pays-Bas, Portugal et Suisse).

Au total, ce sont 98 experts qui ont apporté leurs compétences pour aider à sélectionner les projets.

Parmi les objectifs affichés par la Fondation Sécurité Routière lors de ses quatre appels à projets figurait l’intention de favoriser l’émergence d’une nouvelle génération d’intervenants dans le champ de la sécurité routière. Le fait que les projets proposés intègrent de jeunes chercheurs (thésards, postdoc, séjour à l’étranger) a donc été valorisé. Une attention particulière a d’ailleurs été apportée aux projets présentés par des équipes nouvelles et portant sur des sujets novateurs.

En ce qui concerne le renouvellement des intervenants, les résultats pourraient paraître décevants dans la mesure où très peu de structures nouvelles ont émergé comme porteur de projet. Plus de la moitié des projets financés ont été portés par l’Ifsttar (ex-Inrets), 3 par l’Inserm, et 5 par des universités. Mais cette prééminence s’explique naturellement par le poids de l’Ifsttar dans la recherche française en matière de sécurité routière ainsi que par sa capacité à monter et gérer des projets, un point qui faisait défaut dans de nombreuses réponses aux appels à projet.

Pour ce qui est du rajeunissement des intervenants, l’objectif semble avoir été atteint dans la mesure où la Fondation Sécurité Routière a financé sept thèses ainsi qu’une quinzaine de stages de M2 et de nombreux contrats à durée déterminée pour des post-doctorants (180 hommes-mois au total) même si les ambitions affichées dans certaines propositions ne se sont pas toujours concrétisées.

La Fondation Sécurité Routière a également associé aux projets financés 40 partenaires d’horizons divers dont 17 laboratoires universitaires (parmi lesquels un au Québec et un en Australie), le CNRS, 1 Centre Hospitalier Régional Universitaire, la Brigade de Sapeurs-Pompiers de Paris, 2 services départementaux d’aide et de secours, 3 Samu, 3 bureaux d’études, le CEESAR, l’Association Prévention Routière, ainsi que des associations pour la prévention de l’alcoolisme et une mutuelle d’assurances.

Enfin, sachant que certains chercheurs ont participé à deux projets, voire plus, ce sont au total environ 140 personnes, chercheurs en sciences sociales ou sciences de l’ingénieur, enseignants-chercheurs, ingénieurs, techniciens, professionnels de santé, qui ont été impliqués à des degrés variables dans les projets financés par la Fondation.

Cinq grandes thématiques ont été abordées dans les projets aidés par la Fondation : les modes doux (vélos, piétons) pour 40% de l’aide, le deux-roues motorisé, la sécurité primaire et les victimes et leur prise en charge pour chacune un peu plus de 15% de l’aide, enfin l’infrastructure pour 11%.