ALCOOL_PREVENTION

Porteur de projet, laboratoire et organisme :

Jean-Pascal Assailly, LPC, TS2, IFSTTAR

Partenaire(s) du projet :

INSERM, Université de Montréal, INSERR, RITE et ANPAA

Objectifs initiaux du projet

Les objectifs initiaux du projet étaient d’évaluer les méthodes, outils et techniques d’évaluation externe et d’auto-évaluation de l’usage d’alcool utilisables pour les conducteurs tant en sécurité routière (post-permis et pré-permis) qu’en santé (alcoologie), en suivant la chronologie de la carrière du conducteur, du pré-permis vers le post-permis :

- la psychométrie et la validité des tests, leur inscription dans un processus psycho-éducatif de changement de comportement et leur interface entre santé et sécurité routière tout au long de la vie de l’usager ;

- les méthodes, techniques et pratiques d’évaluation et d’auto-évaluation de son usage d’alcool dans la réhabilitation des conducteurs infractionnistes au sein des stages de sensibilisation à la sécurité routière ;

- l’apport de l’éthylotest anti-antidémarrage (EAD) aux questions de la modification des comportements, de l’évaluation et de l’autoévaluation des problèmes d’alcool.

Résultats majeurs

1) Pour l’étude sur la psychométrie : la prévention coordonnée est possible entre différents milieux de vie collective et différentes institutions : ainsi les pratiques de prévention primaire par les Comités d’éducation à la Santé et la Citoyenneté (CESC - Education Nationale) s’articulent avec les interventions pratiquées en prévention secondaire par le secteur médico-social en addictologie.
Cette recherche-action sur des terrains différents démontre la faisabilité de l’approche psychométrique, dans un contexte local de réseau des acteurs de la prévention des conduites à risques. L’utilisation d’outils homogènes facilite l’application des mesures de Santé publique (loi n°2009-879 portant réforme de l’hôpital et relative aux patients, à la santé et aux territoires, dix mesures sur l’alcool Article L. 3342-1 du CSP modifié par l’article 93 de la loi HPST permettent de développer différentes  actions), le partage entre les professionnels des deux champs et des partenariats entre différentes institutions, dans le cadre des PDASR, plans départementaux pour les actions de sécurité routière. L’exemple du Rhône apporte des précisions sur
les conditions de repérage des conduites addictives. Les acteurs de prévention en premier accueil doivent disposer de compétences en matière d’écoute active et être informés sur les différents dispositifs d’orientation et de prise en charge de proximité.

2) Pour l’étude pluridisciplinaire autour de la notion d’auto-évaluation dans les stages de sensibilisation à la sécurité routière, nous avons étudié les personnes qui témoignaient d’un changement de comportement significativement positif dans les stades de changements de Prochaska entre T1 et T2 (comparaison de moyennes, Test T de Student) et avons mis en évidence que 18 personnes, sur les 141 étudiées, ont progressé d’un stade ou de deux stades de changement de comportement. Ainsi, 14 personnes sont passées du stade de pré-réflexion (étape 1.1) au stade de réflexion (étape 2.2), 3 personnes sont passées du stade de pré-réflexion (étape 1.1) au stade d’action (étape 2.3) et 1 personne est passée du stade de la réflexion (étape 1.2) au stade du maintien (étape 2.4).
Le stage de sensibilisation entre T1 et T2 amène des éléments en faveur d’un changement de comportement.
Ces éléments se manifestent principalement, chez les personnes ayant évolué positivement d’une étape à l’autre, par des processus de prise de conscience (50,6 %), des processus de libération émotionnelle (24,7 %) et de libération sociale (24,7 %). Les individus recherchent de nouvelles informations et une meilleure compréhension sur le comportement à problème. De plus, ils font l’expérience et expriment des sentiments envers le comportement à problème et essayent de trouver des solutions potentielles. Enfin, ils ont véritablement une prise de conscience de modèles de comportement.

3) Pour l’étude sur l’EAD : le taux de récidivisme de l’infraction alcool par les participants au programme comme par les sujets des groupes-contrôle augmente avec le nombre d’années de suivi ; ceci est un résultat logique et prévisible car, la probabilité de détection étant faible, plus le suivi est long et plus la probabilité d’être détecté de nouveau augmente. Si l’on s’en tient à la définition légale du récidivisme dans notre pays (nouvelle infraction dans les 5 ans), et qui permet aussi le suivi le plus valide dans ce travail (de 2006 à 2011), les différences entre participants au programme d’EAD et sujets des groupes-contrôles sont faibles ; si l’on réunit l’ensemble des cohortes depuis 2006 jusqu’à 2010, la comparaison est néanmoins à l’avantage des EAD ; il reste à comprendre les différences importantes entre le taux de récidivisme des EAD 2006 et des EAD 2007.